
Arras, Pas-de-Calais
Place des Héros
Un territoire où l'on crée et reprend
Entreprendre dans les Hauts-de-France passe par deux voies, la création et la reprise, soutenues par des aides régionales précises et des règles qui changent selon la commune d'implantation. Ce guide réunit les chiffres, les dispositifs et les étapes à connaître avant de se lancer dans le Nord ou le Pas-de-Calais.
Les chiffres ci-dessous viennent de l'Insee (Insee Flash Hauts-de-France n° 178 et Insee Première n° 2092, janvier 2026). Ils sont relus à chaque mise à jour du guide.
Dispositifs de la Région Hauts-de-France, prêts d'honneur, exonérations liées aux zones (ZFRR, QPV) : ce qui existe vraiment pour qui démarre dans le Nord et le Pas-de-Calais.
Trouver une affaire à reprendre, l'évaluer, négocier, signer : les étapes d'une reprise de commerce ou de PME dans les Hauts-de-France.
Apport, prêt d'honneur, banque, crédit vendeur, aides régionales : comment se construit un plan de financement de création ou de reprise dans la région.
Arras, Lens, Lille, bassin minier, communes rurales : où s'implanter, quels locaux, quels zonages et quelles règles pour louer ou acheter ses murs.
Créer son entreprise dans les Hauts-de-France, ou en reprendre une, suppose de connaître trois choses : les chiffres récents de la création régionale, les aides réellement mobilisables à la date de rédaction, et comment le territoire d'implantation (Arras, Lens, Lille, bassin minier ou commune rurale classée ZFRR) change les règles. Ce guide rassemble ces trois niveaux d'information, sourcés sur les fiches de la Région Hauts-de-France, de service-public.fr et de l'Insee.
En 2025, 71 783 entreprises ont été créées dans les Hauts-de-France, soit 1 870 de plus qu'en 2024. La hausse atteint 2,7 % sur un an, une progression réelle mais moins marquée qu'au niveau national, où les créations ont augmenté de 4,9 % pour atteindre 1 165 800 entreprises, un niveau record. Les micro-entrepreneurs sont à l'origine des deux tiers des créations régionales, avec 48 522 entreprises en 2025 (+3,7 % sur un an), une progression comparable à celle des sociétés (+3,3 %) mais inférieure à celle observée au niveau national pour ce statut (+5,9 %). À l'inverse, les créations d'entreprises individuelles classiques reculent, aussi bien dans la région (-4,7 %) qu'en France (-4,1 %).
Ce dynamisme touche l'ensemble des départements, mais à des rythmes différents. Le Nord concentre à lui seul la moitié des créations régionales, tandis que la progression est plus marquée dans le Pas-de-Calais, l'Aisne et la Somme.
| Département | Créations en 2025 | Évolution 2024-2025 |
|---|---|---|
| Aisne | 5 178 | +3,6 % |
| Nord | 35 210 | +1,9 % |
| Oise | 10 612 | +2,4 % |
| Pas-de-Calais | 14 761 | +4,3 % |
| Somme | 6 022 | +3,2 % |
| Hauts-de-France | 71 783 | +2,7 % |
| France entière | 1 165 795 | +4,9 % |
La région enregistre aussi 4 999 défaillances d'entreprises en 2025, en hausse de 3,6 % sur un an, proche de la moyenne nationale (+3,5 %). Cette donnée rappelle que la création et la reprise demandent une préparation financière et commerciale sérieuse, quel que soit le secteur.
Créer une entreprise, c'est partir d'une idée sans historique financier ni clientèle acquise. Reprendre, c'est s'appuyer sur une activité existante, avec ses forces et ses dettes. D'après service-public.fr, la reprise offre une meilleure visibilité sur ce qui fonctionne ou doit être corrigé, un développement plus rapide grâce à un concept éprouvé, un personnel formé et une clientèle acquise, et facilite l'accès au financement bancaire, les banques pouvant se baser sur les trois derniers exercices. En contrepartie, la reprise demande un apport personnel plus conséquent, suppose une concurrence entre repreneurs sur les bonnes affaires, et exige d'être opérationnel dès l'entrée en fonction, sans la période d'adaptation que permet une création.
Ni la création ni la reprise ne sont encadrées par un délai légal unique : la durée dépend du secteur, de la complexité du dossier et de la rapidité à trouver un financement ou, pour la reprise, un cédant. Le tableau ci-dessous compare les deux chemins sans chiffre inventé sur les délais, qui ne sont fixés par aucun texte officiel.
| Dimension | Création | Reprise |
|---|---|---|
| Point de départ | Une idée, un marché à tester, aucun historique financier | Une activité existante, un historique comptable, un cédant à convaincre |
| Apport personnel | Généralement plus limité | Généralement plus élevé, car il doit couvrir le prix de cession |
| Risques principaux | Absence de clientèle acquise, marché à démontrer face à la banque | Fiabilité des informations du cédant, relation avec le personnel repris |
| Aides régionales mobilisables | START'UP, REHA3 (si point de vente fixe), PRF « Se former pour créer ou reprendre » | START'UP (y compris à la barre du tribunal), REHA3, module « Transmission » du Plan Booster TPE |
| Accompagnement possible | Chambres consulaires, réseaux d'accompagnement régionaux | Chambres consulaires, réseaux d'accompagnement, volet rapprochement cédant-repreneur |
La Région Hauts-de-France publie ses dispositifs sur son Guide des aides, chaque fiche se terminant par une demande en ligne. Les conditions et montants présentés ici ont été lus sur ces fiches à la date de rédaction ; les dispositifs régionaux évoluent, et la fiche à jour du Guide des aides doit être consultée avant tout dépôt de dossier.
| Dispositif | Pour qui | Ce qu'il apporte |
|---|---|---|
| START'UP | Siège et activité en Hauts-de-France, au moins 3 emplois CDI créés après la demande, y compris en reprise à la barre du tribunal | Subvention sur 3 ans, 5 000 euros par emploi créé (3 à 40 ETP CDI, soit 15 000 à 200 000 euros), bonus REV3 de 5 000 euros possible |
| Plan Booster TPE Artisans-Commerçants | Entreprises artisanales, commerciales ou de services au RCS et/ou RM, 20 salariés ETP maximum, 3 ans d'existence, CA ≤ 2 millions d'euros | Diagnostic puis accompagnement par la CCI ou la CMA, premier accompagnement pris en charge intégralement ; module « Transmission » pour préparer une cession |
| DACS2 | TPE de moins de 10 salariés ETP, CA consolidé entre 80 000 et 2 millions d'euros, un exercice fiscal clôturé de 12 mois minimum | Soutien aux investissements productifs neufs ou d'occasion de moins de 5 ans ; montant à vérifier sur la fiche |
| REHA3 | Commerçants-artisans en création, reprise ou activité, commune de moins de 10 000 habitants (ou plus si lauréate « Redynamisation des centres-villes et centres-bourgs »), locaux < 400 m² | Financement de travaux d'aménagement des locaux ; montant à vérifier sur la fiche |
| PRF « Se former pour créer ou reprendre une entreprise » | Demandeurs d'emploi France Travail et situations assimilées (contrat aidé, temps partiel, CSP, PreParE, militaires en fin de contrat, sportifs régionaux) | Formation certifiante d'environ 130 heures avec immersion, ou titre « Responsable de petite ou moyenne structure », gratuite pour le stagiaire |
| Prêt croissance TPE | TPE et PME de 3 à 50 salariés, créées depuis plus de 3 ans ; entreprises individuelles et transmissions non éligibles | Prêt participatif de 10 000 à 100 000 euros sur 5 ans dont 1 an de différé, adossé à un financement équivalent |
| STARTER ESS | Porteurs de projet et entreprises ESS de moins de 3 ans | Accompagnement ante-création puis suivi post-création, gratuit, par 13 opérateurs territoriaux |
| Prêt d'honneur Initiative Hauts-de-France | Porteurs de projet en création, reprise ou croissance | Prêt sans intérêts ni garantie de 3 000 à 50 000 euros, sur 3 à 5 ans, après comité d'agrément |
Le portail régional cite aussi le prêt d'honneur de Réseau Entreprendre Nord et Picardie, la CCI Hauts-de-France, Hauts-de-France Innovation Développement et la direction régionale de Bpifrance à Lille, comme interlocuteurs complémentaires. Ces réseaux sont mentionnés comme des tiers, chacun avec son rôle propre ; aucun n'est le média qui publie ce guide.
Avant de solliciter une aide régionale, un plan de financement s'appuie sur des briques classiques, que l'on soit à Lille, à Arras ou dans une commune rurale.
L'apport personnel reste le socle du dossier : il peut être complété par un don ou un prêt de proches, ce dernier devant être formalisé par écrit et, au-delà de 5 000 euros, déclaré aux impôts avec l'imprimé n° 2062 (impots.gouv.fr). Le prêt d'honneur, qu'il vienne d'Initiative Hauts-de-France ou d'un autre réseau régional, est accordé à la personne et non à l'entreprise, sans intérêts ni garantie : il sert à crédibiliser le dossier auprès d'une banque. L'emprunt bancaire reste la principale source de financement externe ; chaque banque fixe ses propres conditions, ce qui justifie de comparer plusieurs établissements.
Pour une reprise, le crédit vendeur est une option propre à ce type d'opération : le cédant accepte un paiement échelonné d'une partie du prix, dans la limite de 50 % de celui-ci, sur 1 à 3 ans, à un taux négocié et inséré dans l'acte de cession. Le financement participatif complète la palette lorsque le prêt bancaire classique est difficile à obtenir.
Une exonération peut aussi alléger les premiers mois d'activité : l'ACRE consiste en un taux minoré de cotisations sociales, égal à 75 % du taux normal, jusqu'à la fin du troisième trimestre civil suivant le début d'activité ; son articulation avec le statut choisi relève d'un professionnel de la création d'entreprise.
Les Hauts-de-France comptent cinq départements, le Nord, le Pas-de-Calais, la Somme, l'Oise et l'Aisne, avec Lille comme préfecture de région. Arras est la préfecture du Pas-de-Calais. Lens, Béthune, Douai et Valenciennes appartiennent à l'ancien bassin minier du Nord-Pas-de-Calais, inscrit au patrimoine mondial de l'Unesco en 2012. Le siège du Conseil régional se trouve à Lille, avec un second site à Amiens.
Le lieu d'implantation conditionne l'accès à certains dispositifs. REHA3 cible les communes de moins de 10 000 habitants, ou les communes plus peuplées lauréates d'un appel à projet de redynamisation des centres-villes et centres-bourgs, un dispositif pensé pour les petites centralités plutôt que pour les grandes agglomérations.
Le zonage France ruralités revitalisation (ZFRR et ZFRR+), en vigueur depuis le 1er juillet 2024, concerne les communes de moins de 30 000 habitants classées par l'arrêté du 19 juin 2024 ; un simulateur officiel permet de vérifier le classement d'une commune précise. Il s'applique aux créations et reprises réalisées entre le 1er juillet 2024 et le 31 décembre 2029, pour des entreprises de moins de 11 salariés en activité commerciale, artisanale, industrielle ou libérale. En ZFRR, le régime réel d'imposition est obligatoire, le micro-fiscal étant exclu ; en ZFRR+, l'exonération s'applique quel que soit le régime fiscal. L'exonération d'impôt sur les bénéfices est totale pendant cinq ans, puis les bénéfices sont imposés à 25 % la sixième année, 50 % la septième et 75 % la huitième. Les exonérations de CFE et de taxe foncière ne sont pas automatiques, elles supposent une délibération de la commune ou de l'EPCI. Une activité déjà exonérée au titre d'un autre dispositif dans les cinq années précédentes n'est pas éligible, de même qu'une reprise au sein du cercle familial, hors la première reprise au profit d'un descendant.
Deux zonages à ne pas confondre avec le ZFRR : les zones franches urbaines-territoires entrepreneurs ne sont plus ouvertes aux nouvelles implantations depuis le 1er janvier 2026, et les bassins d'emploi à redynamiser ne concernent aucune commune des Hauts-de-France.
Un projet de création suit, dans les grandes lignes décrites par service-public.fr et Bpifrance Création, une succession d'étapes : définir le projet et son marché, choisir une structure juridique adaptée (un point qui relève d'un professionnel plutôt que de ce guide), construire un plan de financement, puis accomplir les formalités d'immatriculation.
Pour une reprise, les étapes diffèrent. Bpifrance Création les résume ainsi : préparer son projet en clarifiant ses motivations, ses compétences et ses moyens financiers ; trouver une entreprise à reprendre, notamment via les bourses d'opportunités de la transmission ; diagnostiquer et évaluer l'entreprise ciblée ; négocier avec le cédant ; construire le financement ; puis signer. Service-public.fr détaille ce même parcours en trois temps réglementaires : définir son projet, diagnostiquer et valoriser l'entreprise visée, puis rédiger et signer l'acte de cession.
Le bilan personnel est la première étape commune aux deux parcours : évaluer ses motivations, son expérience, ses moyens financiers et ses contraintes personnelles, avant la recherche d'un financement ou d'un cédant.
La création et la reprise d'entreprise impliquent des choix engageant sur le plan juridique, fiscal et comptable : le choix de la structure, le montage d'une reprise, ou la lecture d'un acte de cession. Ces décisions relèvent d'un expert-comptable ou d'un professionnel de la création d'entreprise, et non de ce guide, qui informe plutôt qu'il n'instruit un dossier. Les chambres consulaires, CCI et CMA, pilotent plusieurs dispositifs régionaux évoqués plus haut, notamment le Plan Booster TPE ; les réseaux d'accompagnement présents dans la région, qu'il s'agisse d'Initiative France, de Réseau Entreprendre ou d'autres structures locales, proposent un accompagnement et, pour certains, un financement sous forme de prêt d'honneur. Ces organismes restent des interlocuteurs possibles parmi d'autres, selon chaque situation.
Plusieurs erreurs reviennent dans les projets de création ou de reprise observés dans la région. La première consiste à solliciter une aide régionale après que la dépense a déjà été engagée : les dispositifs d'investissement, comme START'UP ou DACS2, sont attribués avant la réalisation du projet, jamais en remboursement d'un achat déjà fait. La deuxième est de limiter la recherche de financement aux dispositifs nationaux les plus connus, en négligeant les aides régionales ou les prêts d'honneur des réseaux locaux. La troisième concerne la vérification du zonage : un projet situé à la limite d'une commune classée ZFRR doit être vérifié sur le simulateur officiel avant toute hypothèse de calcul. La quatrième, propre à la reprise, consiste à sous-estimer le temps nécessaire au diagnostic de l'entreprise ciblée : accepter les chiffres du cédant sans vérification expose à de mauvaises surprises après la signature. La cinquième est de considérer le prêt d'honneur comme un financement isolé, alors qu'il est conçu pour obtenir un financement bancaire complémentaire.
Les montants, taux et conditions des dispositifs régionaux (DACS2, REHA3 notamment) ne sont pas toujours publiés dans le détail sur les pages de présentation générale : ils doivent être vérifiés sur la fiche à jour du Guide des aides de la Région Hauts-de-France au moment du dépôt du dossier, et non sur la base d'une information lue ailleurs, y compris dans ce guide, qui reflète l'état des fiches à la date de rédaction.
Créer, c'est démarrer sans historique ni clientèle acquise. Reprendre, c'est racheter une entreprise existante, avec son historique comptable, son personnel et sa clientèle, ce qui facilite l'accès au crédit bancaire mais suppose un apport personnel plus élevé et un diagnostic approfondi.

Elle suit les dispositifs d'aide à la création et à la reprise d'entreprise dans le Nord et le Pas-de-Calais, et décortique les règles qui changent d'un territoire à l'autre.